Sous forme
d'hommage,
quelques
pièces
acidulées
FEU NELLIGAN
j'entends
vos doigts qui craquent
devant mon feu l'automne
les
soirs de vent
quand l'horizon par la fenêtre du manoir
devient
un vieux rideau
qui claque
je vois aussi
très bien
vos mains qui se referment dans la mort
sur
les lointains
d'une neige légère cependant proche
grâce
à l'abîme dans les yeux
que j'ai
DES FOIS
RIOPELLE
des fois je loup je poule
j'Ézéchiel
augurant je barbe
je rue je roue je Rosa j'arrose
j'eau
vive assoiffe
des fois hibou hirsute hou hou
dans
le bois sale ou la savane
je chasse et vous faites quoi dans
la vie
en ville et contre tous
des clous
des fois des vis je trouve
des bouts de ci de ça chiffons bois
verre
ou du plastique j'acrylique moi sur ça
je
tousse
poitrailles de caribou des fois vitrail
j'éclaire
des fois je papillonne gélinotte pétarade
me
pète les bretelles je femelle
je joue affronte ai l'oeil
oui
des fois je descends des oies
c'est pour monter au ciel sur
mon fusil
je peins toutes les fois
que c'est l'été
indien toute l'année durant
j'oie
j'oie
j'oie
ARBORETUM
poème
l'homme Hector de Saint-Denys Garneau
voulait qu'une futaie
fût son pinceau
comme un lac a des cils au bord de l'eau
voulais
des saules
qui pleureraient sa mort
ou dans
un champ fin seul un orme
pour la faction dans le houblon ou
l'orge
voulait encore des pins pour la fraîcheur de
l'ombre
avec du vent pour apaiser le souffle
au coeur
du pauvre
contre le feu tout contre
JEAN-PAUL
LEMIEUX
la Terre plate pâle palette
avec le
trou dedans pour la marmotte
et pour le coup de pouce à l'oeil
aveugle blanc
devant l'hiver devant les choses
d'avant
la création comme il la voit
venir
François Hébert, Comment
serrer la main
de ce mort-là , 2007
Vous
êtes invité à
adresser vos commentaires,
vos suggestions, et même vos
textes à l'adresse
électronique suivante :
vivres@jean-guy-jobin-poesie.com
accueil-Les
insectes